Publication personnelle. Intérets: - philosophie (pratique) - publications libres (Wiki) - logiciel libre (Linux-Fedora) - programmation (Pascal-Ada) - musique (classique, théorique) - photographie (moyen & grand format)

vendredi 1 août 2008

Pensée subversive n°023 "Des causes finales"


Seules les idées sont créées dans un but déterminé.

Rien dans l'univers physique, chimique, ou biologique n'est «créé» en vue d'obtenir un résultat prévu par avance.

Le monde qui nous entoure est le fruit de mécanismes physiques, chimiques et biologiques. L'évolution biologique, par exemple, qui définit toute matière vivant actuellement, est d'origine chimique. Les expériences de Sol Spiegelman vers 1970 à propos de l'ARN montrent clairement la nature exclusivement chimique de l'évolution biologique.

Même lorsque les biologistes manipulent l'ADN de cellules vivantes en vue d'obtenir des êtres viables aux caractéristiques déterminées, ni les matériaux utilisés, ni le résultat obtenu ne sont «créés» en vue d'obtenir le résultat escompté. La matière physique est et restera «indifférente» aux idées dont l'homme tente de la charger. Si le résultat correspond au but attendu, c'est simplement que les lois de la chimie ont été bien comprises, et respectées par ces biologistes, et non que ces derniers auraient été subitement transformés en «Dieu».

De même, ni le grain, ni la poule, ni l'oeuf, ne sont «faits» pour être mangés. Leurs existences ne tiennent pas à une idée, ils existent pour eux-mêmes, n'en déplaise aux cultivateurs et éleveurs qui les ont nourri.

C'est ainsi qu'on peut parfois entendre de curieuses réflexions:

Celle par exemple de cette commentatrice qui disait d'un peuple vivant de façon traditionnelle:

- «Ils sont utiles à la diversité culturelle de la planète. Ils appartiennent à la richesse de notre Terre.»

Voilà un discours rempli de bonnes intentions! A l'écouter, on aurait pu penser que son message s'adressait à un mari vindicatif, orgueilleux et présomptueux, qui aurait eu comme projet de détruire toute vie qu'il aurait jugée inutile.

Dans ce cas là, pourquoi notre commentatrice ne dit-elle pas carrément:

- «Ils ne sont utiles qu'à eux même et c'est déjà bien suffisant. Qui es-tu, toi pour oser dire que tu connais l'origine et la destination des êtres? Tu te prends donc pour «Dieu»? L'ensemble des êtres vivants sur terre n'est, en lui-même, ni riche ni pauvre, il n'a pas été «créé» pour que nous en jugions!»

Ce second discours, serait bien plus utile que le premier qui contient implicitement des théories inexactes et dangereuses.

Dans un autre registre, il est normal, que les couples qui en ont les moyens, décident du moment propice à accueillir leur progéniture.

Mais, lorsque l'enfant est là, dire que «les conditions n'étaient pas remplies», revient de nouveaux à vouloir dicter au vivant des lois imaginées par nous-même. C'est ignorer les principes mêmes du monde biologique.

Aussi, dire de tout enfant qu'il est «incomplet», ou «en devenir», c'est encore vouloir attribuer une «cause finale» à un être vivant. C'est tenter de le charger d'une mission qui n'a rien avoir avec sa nature.

L'enfant n'est pas là pour servir la société, c'est la société (une idée inventée par les hommes dans un but déterminé) qui est là pour servir l'enfant.

Original: 20080801-00
Version: 20080802-1

vendredi 20 juin 2008

Pensée subversive n°022 "Du Dieu méprisant"

La plus grande ruse du Diable est de prétendre qu'il n'existe qu'un seul Dieu.


Méprisable, est l'adjectif qui qualifie celui qui méprise. Méprisable est synonyme de "méprisant".

Original: 20080620-00
Version: 20080620-01

dimanche 4 mai 2008

Pensée subversive n°021 "De l'animalité et de l'humanité"


Si l'essentiel de la vie ne peut être constitué d'idées, et que le cerveau retrouve sa fonction d'organe au sein d'un ensemble corporel organisé par l'ADN, alors la plupart des théories proclamant la suprématie de l'homme sur l'animal deviennent désuètes.

[Le mot animal est pris ici comme "l'ensemble du monde vivant moins les humains".]


L'atitude outrée de nos contemporains face aux "crimes contre l'humanité", alors que certaines espèces animales subissent un traitement plus destructeur que celui infligé par les pires auteurs de génocides, se révèle pour le moins paradoxale.


Si l'erreur de ces auteurs est d'avoir traité des ethnies humaines comme s'ils s'était agi d'insectes "parasites", et si il n'existe plus aucune suprématie de l'homme sur l'animal, alors, on peut se rendre compte que la grande majorité des humains partage finalement le même regard sur la vie que les pires racistes. La différence ne se situe, finalement, que sur l'emplacement d'une simple frontière: celle qu'on trace entre l'humain et le non humain, et qui parait alors de moins en moins justifiée.


De même, toutes les législations humaines, dont la plupart condamnent le racisme, tiennent, de fait, l'espèce humaine comme "première espèce à protéger", ce point de vue est-il raisonnable quand il s'agit de protéger le libre développement des divers ADN issus de la nature?


Si seulement, les humains incluaient dans leurs législations, les intérêts d'une seule pauvre petite autre espèce que la leur, concédons même celle qui leurs paraitrait la "plus proche", telle que les bonobos, les chimpanzés, ou les dauphins, ou encore les éléphants... peu importe...


Non, les humains ont décidé que ce n'était pas du tout nécessaire, la folie narcissique qui les affecte n'a même pas besoin d'un "extérieur" pour se reproduire... cela se passe en famille...


Il est facile de remettre en question et condamner une foule de comportements humains, dès qu'on affaiblit cette barrière homme/animal. Il est, par contre, beaucoup plus difficile d'imaginer un monde vivable où cette barrière n'existerait plus.


Mais la difficulté tient plus à des habitudes comme se sentir obligé à situer ses propres actions dans "le bien absolu", plutôt qu'à une véritable impossibilité. Il est, par exemple, rare d'entendre un de nos contemporains dire "... ce n'est pas très bien ce que je fais, mais, il faut bien continuer à vivre et j'ai choisi ce qui me semblait le moindre mal...", on entend bien plus souvent un discours de "gagnant" basé sur la "foi"!


Et pourtant, le plus "auto-complaisant" de ces deux discours est le second, puisqu'il tord la réalité pour satisfaire à un besoin égoïste de "bien" et de "foi".


Avant de décréter inimaginable, un monde où la barrière homme/animal serait abolie, faisons donc d'abord, l'effort de ne plus être complaisants envers nous-même. Cet effort est peut-être beaucoup plus considérable que nous l'imaginons, et c'est peut-être la peur de l'affronter, qui nous prive d'une bien nécessaire imagination.


Original: 20080504-00
Version: 20080828-01

Pensée subversive n°020 "Du cerveau et du corps"


Les informations qui nous parviennent du monde extérieur nous paraissent riches et variées. Elles sont constituées de sensations telles que sons, images, odeurs, gouts, "touchés", ayant chacune une foule de caractéristiques.

Elles se présentent cependant toutes, physiquement, de la même manière. Les influx nerveux qui représentent une information auditive, ne sont pas différents de ceux qui représentent une information visuelle. La différence provient plutôt des régions du cerveau qui les reçoivent, et les traitent. En effet, celles-ci se sont spécialisées au cours de notre évolution selon le rythme des informations contenues dans leurs influx nerveux respectifs. Elles se sont donc différenciées les unes par rapport aux autres en régions spécifiques, traitant l'une des sons, l'autre des images, etc...

Les informations provenant du monde intérieur, telles que sensations de douleur, d'étouffement, de satiété, etc, sont aussi transmises de la même façon, les régions du cerveau les analysant se sont également spécialisées à leurs manières, et rien ne les distingue, fondamentalement, à part cette adaptation spécifique, des premières. La seule différence est que nous savons, par expérience, que nous devons absolument signaler ces sensations à autrui si nous voulons qu'il en prenne connaissance.

Le premier rôle de notre cerveau est donc, en général, de recevoir des impulsions nerveuses, les trier: c'est un rôle "sensible".

Le dernier rôle est de provoquer l'action musculaire de certains de nos organes: c'est un rôle "moteur".

Entre les deux se situe un rôle constitué par un travail d'analyse et de simulation imaginaire, afin de prévoir les influx nerveux futurs, ainsi que les conséquences d'une éventuelle action motrice sur ceux-ci: c'est un rôle "décisionnel".

Cela ne donne aucunement au cerveau le rôle de dicter au reste du corps sa conduite, de sa propre initiative.

En effet, le cerveau n'apparait que tardivement dans l'évolution de la vie, dans l'évolution de l'espèce humaine, et dans l'évolution à chaque fois répétée, de l'embryon humain. La vie existe bien avant le cerveau, et ce ne peut être lui qui en fixe le sens.

Ou réside donc cette partie de nous même contenant le plan, le but de notre vie?

On sait par la science moderne que le scénario du développement de toute matière vivante est entièrement contenu dans son ADN. C'est donc là qu'on doit chercher le véritable "chef", le véritable principe organisateur de la vie.

L'ADN contient le programme de déploiement de tous les organes, y compris celui du cerveau, et ceux-ci sont censés fonctionner en parfaite synergie. Le cerveau est donc, lui aussi, présumé à limiter son action à l'intérieur de ce cadre.

On pourrait imaginer qu'il existe dans la structure inscrite dans l'ADN l'origine d'une transmission du rôle de "chef" depuis l'ADN vers le cerveau.

Si les choses s'étaient passées ainsi, les informations accumulées dans l'ADN au cours de l'évolution devraient être rendues accessibles par le cerveau, afin que celui-ci aie la possibilité de décider, en connaissance de cause, de la destinée même de cet ADN.

Or, l'univers dans lequel l'ADN a évolué est très différent de celui auquel notre cerveau nous a accoutumé. Le monde de l'ADN, est le monde de la chimie et de la physique des particules élémentaires. Lorsqu'on essaie de le comprendre on doit mettre en oeuvre une logique particulière appelée logique quantique. Celle-ci est de type probabiliste, distincte de cette logique déterministe qui nous est commune, et qui semble pourtant bien adaptée à notre univers habituel.

Le "passage de relais" comme "passage de la fonction de chef" entre l'ADN et le cerveau ne semble donc pas avoir été planifiée dans l'ADN, et c'est seulement avec la découverte du microscope à effet tunnel qu'un cerveau terrien peut constater "de visu" que les objets quantiques obéissent individuellement à des lois probabilistes.

En effet, les lois probabilistes qui régissent la physique quantique ne sont pas dues à une quelconque incapacité à ne considérer ces objets que par grands nombres. Ces lois restent vérifiées sur des objets individuels. Le microscope à effet tunnel permet de "voir" enfin, après ces milliards d'années d'évolution qui permirent l'apparition d'un cerveau capable de concevoir un tel instrument, cet univers complètement différent de celui auquel nous somme habitués, et qui est pourtant cet univers étrange, duquel nous sommes directement issus.

La première "image" du premier microscope à effet tunnel constitue symboliquement une étape infiniment plus importante non seulement pour l'humanité, mais pour l'ensemble du règne vivant terrien, que le premier pas de l'homme sur la lune.

La réalité de cet ADN et de son étrange univers dans lequel il a évolué, est bien différente du "rêve" de "l'homme conquérant l'univers" que certains voudraient voir se réaliser en "l'humanité". L'une, la réalité, impose un développement naturellement harmonieux de toutes les parties, l'autre, le "rêve", est fait de préjugés, d'intolérance, de persuasion et de volonté d'asservir.

Et, d'ailleurs que veut donc bien dire ce mot "rêve" qui semble justifier, à la fois, l'origine et le but de bien des actions de nos contemporains?

Est-ce cette activité intense du cerveau pendant le sommeil paradoxal et qui semble destinée à re-stimuler les neurones que, par refoulement ou autre raison, nous n'employons plus?

Si c'est de cela qu'il est question, admettons donc que les seules informations dont nous puissions disposer sont les souvenirs de ces états, souvenirs qui sont nécessairement bien éloignés des originaux puisque les électroencéphalogrammes de ceux qui les vivent sont bien différents de ceux qui s'en souviennent.

Là aussi, il faudra attendre les progrès de la science, de l'imagerie médicale du cerveau en l'occurence, pour que nous ayons une toute petite idée de ce que nous vivons effectivement pendant que nous rêvons.

Ou alors parle-t-on de la multitude d'états intermédiaires entre le sommeil paradoxal et l'état de veille: hypnose profonde, hypnose légère, rêverie, relaxation, détente...?

Même la notion de contemporanéité tient plus, chez nos semblables, de la "mode" et du "rêve", plutôt que de ce qui apparait pourtant clairement à travers l'évolution, comme "l'ensemble de l'ADN vivant".

Ériger la suprématie du cerveau sur le corps comme ériger en but de l'humanité, les errances de ces quelques "rêveurs de conquêtes et de dominations", plutôt que reconnaitre l'adaptation réelle de notre ADN au cours de son long processus d'évolution, est plus qu'un crime contre l'humanité, c'est un crime contre la vie dans son ensemble et c'est donc un véritable crime contre notre planète.

Original: 20080504-00
Version: 20080504-01

Pensée subversive n°019 "Des idées et de la philosophie"


Puisque, perpétuellement, nous sommes condamnés à parfaire ce monde imaginaire que nous nommons "réalité", tout en reconsidérant cet autre monde imaginaire que nous nommons "notre passé", alors, ni notre vie, ni le but que nous lui assignons ne peuvent se résumer en une manifestation déterminée telle qu'une "idée".

La vie n'est pas constituée d'une succession d'idées, et elle ne tend donc pas vers un idéal.

L'homme qui mène sa destinée dans le flot de la vie, telle qu'elle se montre parsemée d'idées, ressemble bien plus à un navire poursuivant sa route dans l'océan, parmi de dangereux récifs, écueils qu'il faut connaitre, situer, et bien étudier, afin d'éviter de s'y fracasser, plutôt qu'au simple parcourt de quelqu'un ayant de la "suite dans les idées".

Si la "philosophie" est l'art de contraindre la vie à se situer à l'intérieur d'idées, alors, elle se résume à l'art de dominer autrui, à le forcer à abandonner le fil de sa propre vie afin de le faire entrer dans le cadre rigide et définitif d'idées préétablies: péché, repentance, conversion, baptême, absolution...

Par contre, si la philosophie se montre "amie de la sagesse", alors elle aide autrui à se libérer du cadre restreint de ses propres idées, comme de celui des idées en général, afin de laisser libre cours à la vie telle qu'elle se présente à nous depuis son origine, depuis notre origine: spontanéité, respect de la nature, refus de l'amputation et du refoulement...

Renoncer à asservir la vie au monde des idées n'est pas contraire à une démarche rationnelle:

L'individu pense par lui-même depuis son origine, et n'admet donc que ce qui est démontré par lui-même, attitude qu'on peut qualifier de "libre examen". Cette attitude, aussi dénommée "esprit critique", alors adoptée spontanément, est l'une des caractéristiques principales, de la démarche scientifique, et se montre absolument nécessaire lors de toute découverte /création nécessitant un remaniement du cadre théorique admis, et nécessitant donc une étape où le chercheur/créateur se retrouve seul contre tous.

La logique peut aussi, enfin, se retrouver libérée des états se résumant par "vrai" ou bien "faux". Ceux-ci sont en effet devenus semblables à de simples rochers desquels il faut plus ou moins s'approcher ou s'éloigner, sans jamais les atteindre, de façon à ne point s'y briser et continuer le voyage. Elle pourra ainsi satisfaire, par exemple, à la compréhension des phénomènes quantiques.

Les idées se montrent donc elles-mêmes plus spontanées, plus rigoureuses et plus fécondes, lorsqu'elles ne prétendent ni s'auto-créer de façon incestueuse, ni s'imposer par quelque violence dissimulée ensuite par refoulement, mais être générées naturellement depuis notre imaginaire.

Original: 20080504-00
Version: 20080504-01

mercredi 16 mai 2007

ThMM "Matières annexes prérequises"


- 2 Matières annexes prérequises

Pour fixer l'origine de notre contribution théorique, nous avons besoin de "matières premières" issues d'autres domaines, tels que la physique ou l'histoire.

- 2.1 Le son physique
- 2.1.1 La période
- 2.1.2 L'amplitude
- 2.1.3 La fréquence
- 2.1.4 La pulsation
- 2.1.5 La longueur d'onde
- 2.1.6 La phase
- 2.1.7 Les composantes sinusoïdales: fondamentale et harmoniques
- 2.1.8 Les paramètres du son musical
- 2.1.8.1 Le timbre
- 2.1.8.2 La hauteur
- 2.1.8.3 L'intensité
- 2.1.8.4 La durée
- 2.1.8.5 L'émission
- 2.1.8.6 La tenue
- 2.2 Le commun dénominateur historique

- 2.1 Le son physique

Le son, nous apparaît comme un phénomène complexe: il est le vecteur de la parole, de la musique, et peut prendre une infinité de formes possibles.

Si le son est capté puis reproduit de façon fidèle, nous devrons admettre que toutes les informations contenues dans le son ont été été conservées: c'est le cas lorsqu'on connecte un microphone et un haut-parleur à un amplificateur.

Dans ce cas, toute l'information sonore (le signal sonore) passe par la membrane du microphone et par la membrane du haut-parleur. On peut alors constater que les vibrations de chacune de ces membranes se fait dans une seule direction, perpendiculaire à sa surface. Le signal sonore est donc entièrement contenu dans le simple déplacement d'un point, représentant le centre de la membrane, le long d'un segment de droite dont les extrémités sont déterminées par le déplacement maximal vers l'avant et vers l'arrière.

Il en est de même pour l'oreille: à part les vibrations qui peuvent éventuellement être transmises directement à l'oreille interne par voie osseuse, le signal sonore passe presque entièrement par le tympan, et celui-ci est une membrane qui se contente de vibrer d'avant en arrière.

Le signal sonore se montre donc extrêmement simple: un modeste point qui se déplace le long d'un unique segment de droite.

Les seules variations que l'on peut observer, sont la vitesse de déplacement du point, avec d'éventuelles accélérations et décélérations, et les endroits du segment où le point change de direction: plus ou moins proche d'une des extrémité, plus ou moins proche du centre.

Si on établit des graduations sur le segment de droite (à partir d'une de ses extrémités, ou à partir de son centre avec un sens positif et l'autre négatif), il suffit de connaître la position du point à tout instant, position représentée par un simple nombre variable, pour recueillir le signal sonore.

Le son tel que nous l'entendons se réduit donc à un unique nombre variable que nous nommerons "élongation", évoluant au cours du temps.

Le signal sonore ne contient qu'une seule dimension.

Tout ce qui fait la complexité, et la richesse des sons, vient donc de la façon dont l'oreille interne, les connexions nerveuses, et le cerveau traitent le signal d'origine sonore. Ce traitement inconscient s'effectue automatiquement et "en parallèle", c'est à dire, pendant que le cerveau effectue simultanément d'autres tâches.

C'est uniquement le résultat de ce traitement du signal qui arrive à notre conscience, et à ce moment là, le son entendu est tout sauf unidimensionnel, il possède alors une foule de caractéristiques.

Ont peut, en effet, distinguer un ou "plusieurs sons simultanés", qui ont chacun, entre autres propriétés, une intensité, une hauteur, un timbre, une tenue.

Ce traitement physiologique de l'ouïe' et de l'audition, nous intéresse au plus haut point pour fixer notre "origine théorique". Cependant le peu d'informations disponibles sur le fonctionnement du cerveau (domaine commençant à peine à livrer des renseignements vraiment scientifiques), nous invite à nous contenter de son aspect purement physique, d'autant plus, qu'il est fort probable que des éléments culturels y jouent un rôle important.

En effet, l'une des caractéristique d'un son pourrait être "c'est la voix de Charles Aznavour", ou "ce n'est pas la voix de Charles Aznavour", caractéristique construites à partir d'autres primitives (timbre, hauteur, intensité, tenue...) variant dans certaines limites que l'on sait être celles de "la voix de Charles Aznavour", mais aussi, caractéristique prenant place aux côtés de ses primitives, et apparaissant de la même façon: inconsciemment et "en parallèle". On peut reconnaître la voix de Charles Aznavour sans y réfléchir, et en pensant à autre chose.

D'un point de vue physique, le son est une onde. Nous nous intéresserons peu à la façon dont cette onde se transmet dans un milieu déterminé (l'air par exemple), c'est le domaine de l'acoustique générale.

Par contre, nous étudierons les principaux paramètres du signal sonore musical tel qu'il se présente transmis par le tympan, ou par un microphone. C'est le domaine de l'acoustique musicale.

De ce point de vue le signal sonore est un phénomène périodique, et est décrit mathématiquement comme tel.

Le phénomène périodique le plus élémentaire et le plus régulier est la sinusoïde.

Si dans nos exemples de haut-parleur, de microphone ou de tympan, les déplacements du point central de la membrane le long du segment de droite perpendiculaire à celle-ci se confondent avec les déplacements de la projection, sur ce même segment, d'un point se déplaçant sur un cercle avec une vitesse constante et adéquate, alors, le signale sonore est de type "sinusoïdal"(*).

(*): En cas d'asthme sévère, dire cette phrase à haute voix, d'une seule traite, sans reprendre son souffle, est tout à fait contre-indiqué!.

Un bon petit dessin valant énormément mieux qu'un beaucoup trop long discours, le lecteur est invité à "déplacer le point P" pour qu'une courbe sinusoïdale apparaisse "en rouge", sur le site ChronoMath , ou encore observer la petite animation proposée sur le site de Xavier Hubaut,.

Dans ces animations, telles que nous nous les approprions, l'axe horizontal (axe des "x") est celui du temps, et l'axe vertical (axe des "y") est celui sur lequel se situent les déplacements du centre de la membrane.

Un certain nombre de paramètres sont communs à tous les phénomènes périodiques, sinusoïdaux ou non, ce sont:

- 2.1.1 La période
- 2.1.2 L'amplitude
- 2.1.3 La fréquence
- 2.1.4 La pulsation
- 2.1.5 La longueur d'onde
- 2.1.6 La phase

- 2.1.1 La période

Si le phénomène est parfaitement périodique, il se renouvelle à l'identique, au bout d'un certain temps. Une période, est le laps de temps juste nécessaire pour que le signal se renouvelle. La forme qu'a le signal pendant une période est donc parfaitement superposable à la forme qu'il prend pendant n'importe laquelle des périodes suivantes.

Dans le cas de la sinusoïde, la période est le laps de temps écoulé pendant lequel le point projeté sur l'axe vertical parcourt un cercle complet.

Si le phénomène est quasiment périodique, il existe des petites différences de forme du signal, période après période.

Si le signal n'est pas périodique, on ne peut plus distinguer de période. Ce pléonasme porte notre attention sur le fait que tout signal sonore n'est pas forcément périodique: les bruits blancs et bruits roses font partie des "signaux aléatoires" et n'ont pas de caractéristiques périodiques.

- 2.1.2 L'amplitude

L'amplitude est la différence entre l'élongation maximale, et l'élongation minimale au cours d'une période. Elle représente donc la longueur du segment de droite le long duquel le point central d'une membrane, par exemple, se déplace d'avant en arrière.

- 2.1.3 La fréquence

La fréquence est le nombre de périodes qui se déroulent pendant une seconde.

La fréquence se mesure en périodes par seconde (p/s), en cycles par seconde (c/s) ou, plus généralement en Hertz (Hz). Toutes ces unités sont identiques excepté le nom.

- 2.1.4 La pulsation

L'axe des des "x" (l'axe horizontal), peut représenter le temps de diverses façon.

On peut par exemple y inscrire des graduations représentant le temps absolu écoulé depuis un instant "t0", pris comme référence. On peut, aussi, représenter ce temps de façon relative, en repartant à zéro à chaque début de période.

Dans le cas d'une sinusoïde, nous avons vu qu'une période correspondait à un tour complet du point projeté sur l'axe des "y". On peut donc diviser une période (un cercle complet) en 360 degrés, 400 grades, ou 2 pi. radians.

La pulsation est une mesure de la fréquence, exprimée en radians par seconde, plutôt qu'en périodes par seconde. Elle est utilisée pour simplifier l'expression de fonctions périodiques portant sur des angles ou des arcs, et donc faisant intervenir le nombre pi.

Par extension, on peut utiliser le concept de pulsation, pour tout autre phénomène périodique que la sinusoïde.

Les dénominations "pulsation", "vitesse angulaire" et "fréquence angulaire" désignent toutes exactement ce même concept.

- 2.1.5 La longueur d'onde

Une onde sonore se propage dans un milieu déterminé à une certaine vitesse (plus ou moins 340 mètres par seconde dans l'air). La longueur d'onde est la distance parcourue par l'onde pendant un laps de temps égal à une période. On calcule donc cette valeur en divisant la célérité (la vitesse de l'onde dans le milieu qu'elle traverse) par la fréquence.

La longueur d'une onde de fréquence égale à 20 Hz, est donc de 340/20 = 17 mètres dans l'air.
La longueur d'une onde de fréquence égale à 20.000 Hz est de 340/20.000 = 17 millimètres dans l'air.

C'est à partir d'un calcul sur la longueur des ondes à transmettre, qu'on détermine la taille des instruments de musique. Une contrebasse, par exemple, est beaucoup plus volumineuse qu'un violon.

- 2.1.6 La phase

Plusieurs sons peuvent se superposer, il en résultera un seul signal correspondant à la somme des deux sons.

Si, par exemple, une membrane est poussée dans un sens par une onde sonore, pendant qu'elle est poussée dans le sens contraire par une autre onde sonore ayant même fréquence et amplitude que la première, le résultat sera nul, et la membrane ne bougera pas: les élongations respectives vont se soustraire, et l'amplitude résultante sera nulle.

Lorsque les deux signaux sont, par exemple, de type sinusoïdaux, on voit alors clairement qu'ils s'annihileront si les points projetés sur l'axe des "y" sont décalés d'un demi tour de cercle, c'est à dire décalés de 180 degrés, 200 grades, ou pi radians.

On dira alors que les deux signaux de même fréquence interfèrent de façon destructive, et qu'ils sont en "opposition de phase".

Au contraire, si les périodes des deux signaux commencent en même temps (décalage de 0 degrés), les élongations respectives vont s'ajouter, et l'amplitude résultante sera égale à la somme des amplitudes des deux sons.

On dira alors que les deux signaux de même fréquence interfèrent de façon constructive, et qu'ils sont en "concordance de phase".

Entre ces deux cas extrêmes, toutes les situations intermédiaires peuvent exister.

La phase est donc le décalage angulaire d'une période, par rapport à un instant (t0) pris comme référence. C'est, comme pour la pulsation, un temps exprimé en valeur d'angle.

- 2.1.7 Les composantes sinusoïdales: fondamentale et harmoniques

Il existe une multitude de formes de signal sonore différentes à côté de la sinusoïde.

L'étude de chacune des ses formes serait extrêmement fastidieuse s'il n'existait pas certaines simplifications.

On savait depuis longtemps qu'on pouvait créer de nouveaux sons à partir de sons élémentaires de fréquences et amplitudes adéquates. Ce savoir était mis en oeuvre, notamment, dans la fabrications des orgues.

En 1822, Joseph Fourier démontre qu'il est mathématiquement possible de représenter (synthétiser) un signal périodique de forme quelconque et de fréquence f, par des sinusoïdes de fréquence f, 2f, 3f, 4f..., ayant respectivement une amplitude et une phase adéquate.

La fréquence de la première sinusoïde (de fréquence f) est nommée "fréquence fondamentale", et les fréquences des sinusoïdes suivantes sont nommées "fréquence harmonique".

Il est dès lors logique de considérer la fréquence fondamentale (F) comme une fréquence harmonique zéro (H0), puis ensuite de compter la fréquence de la première harmonique (H1), de le seconde (H2), et ainsi de suite (Hn).

On obtient ainsi les valeurs suivantes: fréquence fondamentale (F) = f, fréquence de l'harmonique un (H1) = 2f, fréquence de l'harmonique deux (H2) = 3f, ..., fréquence de l'harmonique n (Hn) = (n+1)f.

Par convention, et pour éviter toutes confusions, nous emploierons le même nombre pour désigner le rang de l'harmonique, et le rapport de fréquence qui existe entre cette harmonique, et la fréquence fondamentale.

Nous obtiendrons ainsi les fréquences suivantes: F = f, H2 = 2f, H3 = 3f, ..., Hn = nf. Ce qui est moins ambigu.

Pour se rendre compte intuitivement de la façon dont une telle transformation de simples sinusoïdes en un signal complexe, est possible, le lecteur est invité à manipuler systématiquement la petite (mais ô combien lumineuse) animation proposée par Geneviève Tulloue sur le site de l'Université de Nantes.

On y commencera par cliquer sur le bouton "sinus". Le premier curseur vert "offset" permet de positionner le signal par rapport à l'axe des "x". Le premier curseur rouge permet de faire varier l'amplitude de la sinusoïde fondamentale de fréquence f. Les curseurs rouges qui suivent permettent de faire varier l'amplitude des sinusoïdes harmoniques de fréquence 2f, 3f, 4f ..., 12f. Les curseurs bleus permettent de faire varier la phase de la sinusoïde correspondante.

Il est intéressant de toucher à ces curseurs, et observer les résultats obtenus. Il suffit d'appuyer sur "sinus" pour repartir de la sinusoïde originale. Il est intéressant aussi d'observer les signaux prédéfinis, et s'apercevoir ainsi qu'un signal carré ou triangulaire n'a pas d'harmoniques pairs, ou encore que le signal nommé "redressement" n'a pas d'harmoniques impairs.

Cette synthèse (et à rebours, l'analyse correspondante appelée "analyse spectrale") d'un signal quelconque par des composantes sinusoïdales fondamentale et harmoniques constitue le principal apport de la physique, à notre point de départ théorique.

- 2.1.8 Les paramètres du son musical

Nous venons d'examiner les principaux paramètres physique du signal sonore, tel qu'il se présente à un bout de la chaîne de traitement de l'information sonore: au tympan.

A l'autre bout se situe notre conscience du son, et en particulier du son musical.

Nous allons tenter d'esquisser la manière dont ces paramètres physiques influencent les principales caractéristiques du son musical tel qu'il est entendu par notre "cerveau", et non notre "oreille":

- 2.1.8.1 Le timbre
- 2.1.8.2 La hauteur
- 2.1.8.3 L'intensité
- 2.1.8.3 Le timbre
- 2.1.8.4 La durée
- 2.1.8.5 L'émission
- 2.1.8.6 La tenue


- 2.1.8.1 Le timbre

Le timbre, est défini principalement par la composition harmonique du son.

Cependant, une composition harmonique déterminée ne correspond pas toujours à un timbre particulier. Par exemple avec des sons sinusoïdaux (où il n’existe que la fondamentale et pas d’harmoniques) on entend un timbre qui varie avec la hauteur des sons.

- 2.1.8.2 La hauteur

La hauteur d'un son musical, est caractérisée par la fréquence de la composante fondamentale de celui-ci.

A des sons graves correspondent des fréquences fondamentales faibles, et à des sons aigus correspondent des fréquences fondamentales élevées.

Toutefois, le timbre de l'instrument peut influencer la hauteur du son.

Si on entend une clarinette jouant un son de même fréquence fondamentale que celui d'une flûte, la clarinette semble beaucoup plus grave.

Quand on analyse le son de la clarinette, on s'aperçoit que celui-ci ne contient aucune composante harmonique paire. Le résultat est que notre cerveau "crée" une "pseudo-fondamentale" de fréquence moitié de la fréquence de la véritable fondamentale. La vraie composante fondamentale est donc entendue comme une harmonique deux (harmonique de fréquence double de celle de la fondamentale).

- 2.1.8.3 L'intensité

L'intensité du son musical, est avant tout caractérisée par l'amplitude du signal, mais aussi par la présence d’harmoniques de rang élevé, qui accroissent l’énergie totale contenue dans le son.

- 2.1.8.4 La durée

C'est évidemment le laps de temps écoulé depuis l'apparition du son jusqu'à son extinction totale.

- 2.1.8.5 L'émission

L'émission, comme son nom l'indique, est la façon dont le son est émis. C'est le passage du silence à un son qui dure.

L'émission, ou encore "attaque", du signal peut être brutale ou progressive. Elle est définie par un régime transitoire mettant en oeuvre des harmoniques de rang plus ou moins élevés.

L'émission joue avec le timbre, un rôle important dans la reconnaissance des sons, et en particulier dans la reconnaissance des différents instruments de musique.

- 2.1.8.6 La tenue

L'amplitude du son peut rester constante (son soutenu), ou varier de façon continue (crescendo, decrescendo), ou cyclique (vibrato d'amplitude), jusqu'à son extinction.

La fréquence peut elle aussi rester stable, ou varier de façon continue (glissando) ou cyclique (vibrato de fréquence), jusqu'à son extinction.

La tenue est la façon dont le son évolue après l'émission, jusqu'à son extinction totale.

- 2.2 Le commun dénominateur historique

De tous temps, et partout dans le monde, les différents peuples et ethnies ont sélectionnés certains sons parmis tous les sons possible, pour confectionner des instruments de musique, pour pratiquer le chant, ou pratiquer des instruments tels que le violon, qui permettent, comme pour la voix, de jouer des sons de n'importe quelle fréquence entre certaines limites.

Cette sélection de sons, analogue à la palette du peintre, porte le nom de gamme.

Les gammes sont construites selon un principe de "consonance", c'est à dire, en utilisant des sons "qui vont bien ensemble", ou encore des sons ayant tendance à se fondre en un seul: des sons représentant des rapports harmoniques simples.

En effet, lorsqu'on analyse des sons musicaux, le schéma général montre une amplitude du fondamental plus importante que celle des harmoniques. De même, et toujours en général, les différentes harmoniques ont une amplitude plus grande lorsque leurs rang est peu élevé. Il peut y avoir bien des exceptions à cette règle générale (absence de fondamentale, absence d'harmoniques pairs, absence d'harmonique impairs, absence ou amplitude exceptionnelle de tel ou tel harmonique).

Mais, il est probable que le schéma général influence la façon dont le cerveau traite le son. Il a certainement l'habitude d'entendre des fondamentales plus puissantes que des harmoniques deux, des harmoniques deux plus puissantes que des harmoniques trois, et ainsi de suite.

Ceci entre peut-être en compte dans le phénomène de "fausse fondamentale" rencontré dans l'écoute du son de la clarinette (l'absence d'harmoniques pairs provoque une ré-interprétation de la fréquence fondamentale).

Ce qui est certain, c'est que les sons donnent l'impression de se fondre d'autant mieux, que le rapport qui existe entre leurs fréquences respectives représente un rapport harmonique de rang peu élevé.

La gamme dite de Pythagore, est une de ces constructions, ne faisant intervenir que les harmoniques deux et trois.

Elle semble avoir influencé historiquement la majeure partie de la musique mondiale (musiques grecque antique, occidentale, arabe, indienne, chinoise, et beaucoup de musiques africaines).

C'est de l'étude de cette gamme que nous allons tirer notre origine théorique.

Original: 20070516---
Version: 20070517-00

samedi 7 avril 2007

Pensée subversive n°018 "Du pile et du face"



Lorsqu'on tire au sort par "pile ou face" (sans tricher), on a une chance sur deux pour que la pièce dévoile son côté pile, et une autre chance sur deux pour que la pièce montre son côté face.

Si on effectue un grand nombre de tirages, et qu'on note les nombres de "pile" et de "face" obtenus, ceux-ci, sans jamais devenir égaux, correspondront de plus en plus à la moitié du nombre total des tirages.

La proportion de "pile" et de "face" par rapport au nombre total, tend donc vers 50%.

Ainsi, on peut dire que si on tire un nombre infini de fois, la proportion de "pile" et de "face" sera de 50%, alors que le nombre de "pile" ne sera pas égal au nombre de "face".

Cela est dû au fait que l'erreur (en %) sera devenue infiniment faible, mais néanmoins non nulle.

Si un magicien nous donnait une pièce de monnaie conservant le "souvenir" des tirages à pile ou face qu'on lui fait subir, elle se comporterait d'une façon tout à fait normale au premier tirage, puis prendrait des états partiellement "pile", partiellement "face", pour finir dans un état moitié "pile", moitié face, au bout d'un nombre infini de tirages.

Une très ancienne pièce de monnaie "magique", ne pourrait plus servir à un "pile ou face". La modification de son état par le dernier tirage, ne seraient plus perceptible en regard de l'énorme quantité d'information accumulée au fil de tous les autres. Ceux-ci lui auraient donné une "patine" constituée d'un état moitié pile, moitié face, presque parfait, stable à échelle humaine.

Considérons ainsi, tous les tirages à "pile ou face" que tous les hommes et femmes ont fait depuis l'invention de la pièce de monnaie. Ce nombre de tirages, sans être infini, est gigantesque, et la proportion de tous ces "pile" et de tous ces "face", est donc très très très proche de 50% du total.

En d'autres termes, en tant qu'activité globale, tirer à "pile ou face" ne sert à rien, son résultat total est nul.

Pourtant, le nombre de décisions qui ont été prises de cette manière est immense. On ne peut imaginer ce que serait notre présent, si elles avaient été prises d'une autre manière: tout serait différent, mais peut-être, statistiquement pareil.

Une analogie peut être faite entre le tirage au hasard, et le vide quantique.

Lorsqu'on observe le vide pendant un laps de temps très court, on s'aperçoit que des particules apparaissent spontanément, et disparaissent tout aussi rapidement, parce que les proportions de particules et d'antiparticules sont statistiquement identiques. L'effet Casimir témoigne de ces fluctuations du vide quantique.

L'effet Casimir peut paraître "miraculeux", dans la mesure où il y a production d'un travail mécanique à partir d'une énergie qui "sort" du néant. Il y a donc "violation" du premier principe de thermodynamique.

Ce n'est cependant pas demain qu'on pourra voir des voitures rouler sans carburant. En utilisant les technologies les plus avancées, les chercheurs, parviennent à peine à mesurer l'effet Casimir avec une précision suffisante pour en confirmer la théorie.

On peut autant s'émerveiller devant le jeux de pile ou face, que devant le vide quantique: on voit surgir quelque chose du néant.

Sachant cela, le comportement des sportifs devient étonnant: pourquoi manifestent-ils de la joie quand ils gagnent, et du dépit quand ils perdent?

En effet, soit le geste vainqueur est un geste connu, répété, et il n'y a aucune gloire à en avoir été l'auteur.

Soit le geste vainqueur s'éloigne du geste appris. Dans ce cas, plus il en est loin, plus les chances de le réussir sont faibles. On se situe alors dans un espace où le hasard se fait de plus en plus déterminant. Il existe, d'ailleurs, quelque part dans cet espace, une zone où les chances sont de 50%, comme à pile ou face.

Le bon sportif devrait savoir lorsqu'il se situe dans cet espace, et devrait se méfier de sa frontière: il croit, par exemple, qu'il réussit parce qu'il connaît le geste, alors que ses chance "ne sont que" de 95%.

Dans tous les cas, franchir cette frontière, ne provoque qu'une intervention du hasard dans le résultat, ce fait devrait être source d'émerveillement, non d'auto-satisfaction ni d'auto-flagellation.

Lorsque vous jetez une pièce en l'air, vous n'êtes pas obligé de "croire" qu'elle retombera d'un côté plutôt que de l'autre. La "foi" (le "tu dois y croire!" martelé par bien des entraîneurs à leurs poulains) n'est ici qu'arrogante et superstitieuse présomption.

La sérénité et la quiétude ne sont décidément pas des valeurs enseignées dans le sport occidental!

Original: 20070406-00
Version: 20070407-1

Qui êtes-vous ?

Charleroi, Hainaut, Belgium
Peu m'importe de convaincre, d'être médité, compris ou même d'être lu. Il me suffit d'être publié... "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer" (Guillaume d'Orange).